Coup de gueule

Pour une fois, permettez-moi d’exprimer mes sentiments personnels. Je sors volontairement du cadre de neutralité que je me suis imposé, mais trop, c’est trop.

Nous « vivons » dans un monde en pleine déliquescence, tant du point de vue moral que matériel.

Commençons par le domaine matériel.

1 – « Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger » disait-on, jadis, via Molière. L’ « évolution » fait place au gâchis. Témoin les montagnes de déchets qui polluent notre pauvre planète, et ce, de manière hélas, irréversible. Alors que des populations entières meurent littéralement et scandaleusement de faim… Cherchez l’erreur.

2 – Un toit pour tous ? Certes ! J’applaudis, bien que certains logements, dits de fonction, dé-passent les bornes de la décence la plus élémentaire. D’où l’exemple doit-il venir ? Dalida, il est vrai, chantait « Parole, parole ».

3 – On parle de démocratie, oh oui ! Et comment agit-on ? Soit avec une rigueur proche de la dictature, soit avec un laisser-aller frisant la démission. Ou encore en s’inspirant de Ponce-Pilate.

3 – L’argent est une monnaie devenue mondiale. Très bien. Mais, quand vous constatez les différences de salaires, les taxes payées sur d’autres taxes (voyez les factures de l’EDF), le sort de l’homme se réduit à des calculs désincarnés. Puis, comment vivre décemment avec le fruit de son travail sans ponctions continuelles, en France notamment, pays dit riche ?

4 – Les religions (ce qui signifie « relier ») deviennent des mots creux, des voeux non suivis d’effets ou alors des contradictions menant à des guerillas, voire des guerres dites « saintes » ! Voyez, entre autres, le Moyen-Orient.

Justement, le point de vue moral, où le trouver ?

Où aller pour prendre le véritable pouls de nos sociétés ?

On nous abreuve de nouvelles filtrées, télévisées ou radiophoniques, sans parler de l’esclavage des i-phone et autres systèmes (dés)informatiques qui, au lieu de nous libérer, nous enchaînent de plus en plus. Et pour savoir quoi ? Être au courant d’une actualité tronquée, manipulée à dessein ou laisser s’exprimer les instincts les plus bas ? Je ne dirai pas les plus bestiaux, car les animaux, eux, ont des excuses ! L’homme, non. Et, quand on parle de « bêtes », je me demande de qui il s’agit…

« Politiquaï » signifiait : l’art de gouverner la cité. Hélas, non seulement les cités ont explosé, mais encore le gouvernail est faussé.

Ne parlons pas de l’éducation, abandonnée par laxisme ou faiblesse. On ne parle plus français. La langue disparaît sous, par exemple, les « -oranges » car les liaisons ne se font plus. S’agirait-il de liaisons dangereuses ou d’incapacité ?

Nous sommes tous frères ? J’approuve, sur le plan humanitaire, mais pas du même lit !

Quant à la Terre, sa durée de vie diminue. À l’échelle planétaire, bien sûr. Après nous, le déluge. On a bien le temps et le futur ne nous touche que s’il se nomme demain.

Certes, la Lune s’éloigne, avec de sinistres conséquences à venir puisque les méridiens vont bouger, et nous n’y pouvons rien.

En revanche, exploiter les sols à outrance, déforester à plaisir, polluer sans vergogne même l’air que les êtres vivants respirent, dépeupler les océans, créer des dérèglements climatiques avec force inondations et séismes, voilà ce dont nous, humains, pouvons être fiers.

Et sans parler du massacre presque gratuit de la faune sauvage…

Que faisons-nous d’autre pendant ce temps ? Des enfants, tellement que la population mondiale ne pourra plus se nourrir d’ici quelque temps.

Il n’est plus temps d’arrêter le déclin.

Il faudrait simplement en prendre conscience, tenter de freiner la chute et de prendre des mesures, non pas verbales, mais concrètes.

Au delà des mots et des promesses, notre société est malade.

Navré si je ne fais que constater l’ampleur des dégâts et mesurer la différence entre les paroles et les actes.

Mais il est vrai que je ne suis qu’un petit homme, tout petit, et loin d’être parfait, un numérologue idéaliste… qui rêve de voir des colombes au-dessus de nos têtes.